SANS PRÉTENTION, ni IMPORTANCE

SANS PRÉTENTION, ni IMPORTANCE

Le printemps de mes quatorze ans.

Je ne pouvais vous laisser pour la durée de mon absence sans ce denier poème, avant les autres qui trouveront naissance de Lisbonne à Porto, un poème sur le printemps  pour être de saison, aux côté parfois libertin et coquin... bonne lecture , amitié Joël.

 

 

 

Avril 2017
Le printemps de mes quatorze ans.

Je me souviens de ce printemps
Celui de mes quatorze ans,
Quand tu en avais trois de plus
Avec comme bagage, pas mal de vécu…
Mon cœur balançait entre sentiments
Et ces envies du plaisir de la chair
Découvert peu de temps avant,
En dehors de mes mains en solitaire…
Comment nous sommes-nous connus ?
Moi si jeune, et toi déjà si femme…
En des rêves aux destinations inconnues ?
Espérant combler le vide de nos âmes…

« Je n’ai qu’une envie : te voir, te toucher, te baiser » Si Paul Eluard écrivait en ces termes à Gala, c’est d’abord qu’il pouvait se le permettre, puis d’autre part qu’il n’existait à ses yeux aucun mot plus fort, pour exprimer au mieux la puissance de son amour, de sa passion de l’aimer, du feu brûlant en lui pour elle pour cette femme cette muse qui lui donnait vertige et création… Peut-être pensait-il alors comme moi, j’ose le penser depuis longtemps, que c’est en vulgarisant les propos dans l’extrême que l’on peut au mieux faire passer des messages… Pour cela laisse-moi te dire cinquante-trois ans plus tard :

Combien il m’a été plus qu’agréable,
De partager avec toi, ces extases d’amour,
Aux douces saveurs délectables,

Sans fausse pudeur ni détours,
Mes mots du bout des doigts caressant ton échine,
Frissonnaient le creux de tes reins,
Où sommeillaient souvenances coquines…
Tu adorais aimer et être aimé,
Te donner sans compter, prendre et jouir,
Offrir tes blanches coulées,
En échange d’éjaculées sans coup-férir…
De vivre en somme, déshabillée…

« Ma langue est tout entière dans ta bouche, dans ton sexe, je veux t’aimer plus que jamais » Pouvait-il rajouter sans vouloir choquer… C’est à tout juste 17 ans que Paul Éluard, grand poète et ambassadeur du surréalisme, rencontre Gala, son aînée d’un an. Dès lors, son cœur n’en démordra pas ; « il l’aimera de toute éternité comme la lumière fatale de naissance ». Même avant que la jeune femme ne rencontre Dalí (en 1929), pour lequel elle se sépare officiellement de l’écrivain, les tromperies font rage, avec Max Ernst par exemple. Malgré cela, comme le prouve sa correspondance, Paul Éluard suivant son cœur ne peut se détacher du lien qui l’unit à son premier amour.
Dans l’anonymat le plus total, notre amour n’en fut pas moins grand et beau à la fois, la notoriété ne peut prévaloir à l’anonymat en terme de sentiment, seule la lumière reflète d’avantage sur l’un que sur l’autre, je n’ai eu de cesse de t’aimer encore et toujours…

Tu le sais, je ne t’ai jamais « baisé »
Mais toujours aimé passionnément,
Je n’aurai pu, ni oser ni te pénétrer
Sans amour, ce si précieux sentiment,
En toi enfin, je me sentais exister,
Avec cette impression de devenir grand,
Au propre comme au figuré, tu me faisais bander…
Tu m’as permis de découvrir le printemps,
Celui-ci ! Précédent l’été parfois si précaire,
Le printemps avant toi n’était pas,
À la maison, nous vivions en hiver.
Je désirai tout entier être en toi… Mourir en toi…


« Tout ce que je demande maintenant, c’est de trouver quelqu’un qui m’enfièvre, celui-là, je l’épouserai » Écrivait Virginia Woolf à Molly Mac Carthy.
La fièvre, je l’ai eu le temps de ce merveilleux printemps, puis tu as disparu me laissant avec mes quatorze ans… Tu ne pas donner le temps de grandir…

 

 

Depuis ! Quand arrive enfin cette saison,
Cela me suffit amplement de te penser,
De retrouver les grands plaisirs de la feuillaison
Et ce, depuis ce merveilleux printemps…
Quand ma bouche posée sur ta toison d’or,
Taquinait en langue de vipère, ton clitoris
Pour t’emporter en succession de météores…
Jusqu’à la jouissance unissant plaisir et caprices…
Nous nous aimions romantique,
Au plus fort de nos rêves de soleil et de lune
Nous nous aimions érotiques,
Nos deux corps en un, sans retenue aucune…

Paul Eluard : […] La vraie raison : c’est que je t’aime et que je rêve d’être avec toi. La première nuit, je te ferai trois fois l’amour. Et je te veux nue toute la nuit. Je vais me branler en pensant à toi. Et j’en ai assez du reste, je ne veux que toi. Si je t’aime, c’est faire l’amour que je veux, terriblement. Et te tenir dans mes bras, te lécher partout, t’écraser, te faire plus légère que tout, plus mouillée, plus chaude, plus molle et plus dure que tout. Ma langue est tout entière dans ta bouche, dans ton sexe, mon sexe te pare de sperme. Tu en as sur les mains, sur le ventre, sur les seins sur ton visage follement vivant, et nous recommençons à nous caresser, à nous embrasser, à nous perforer. Je veux t’aimer plus que jamais.
Ma Gala, je fais ici l’amour très souvent, trop. Mais que ne donnerai-je pour passer une nuit avec toi. Tout.
[…] Sois toujours, sans arrêt, belle et troublée.

J’ai bâti mes amours sur les fondations que tu avais profondément ancrées en moi, alors la femme devint pour moi ma seule espérance de vie….

 



04/04/2017
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