SANS PRÉTENTION, ni IMPORTANCE

SANS PRÉTENTION, ni IMPORTANCE

Cela devait arriver...


Cela devait arriver...

Cela devait arriver…

 

Elle va devoir sonner elle a oublié ses clés, il ne sera pas surpris à demi endormi, dans une semi alcoolémie ;  il fait un semblant de propre autour de lui, un peu de ménage, retape le lit, là où parfois agonisent ses envies, ou théâtre de ses élans fougueux. Puis prépare des filets de  poisson (quel poisson ?? D’avril peut-être ?), au riz pilaf citronné, et à la basilique, « elle aime ça », ouvre une bouteille de chablis, goûte voir si le vin est bon, il est bon, il « re-goûte…. ».

Pour patienter il ébauche quelques dessins fruits de sa passion et de son imagination, qu’il peindra plus tard, puis se met à son clavier d’ordi,  étaler ses pensées, il a envie de lui écrire, de l’aimer par le biais de ses mots, en prenant  bien soin de ceux-ci, de leur fragilité, ils sont en « vers »… Du cristal pensait ‘il ? Destinés à des proses tout de roses vêtues, qu’il ne craint d’appeler poésie, plus humblement : textes serait bien vu…

Il n’a  vu les secondes danser sur le fil des minutes, atteignant des heures et des heures, pour former le temps, celui qui passe, qui se lasse, puis s’enlace à la vie, mariage forcé, mariage blanc, un « temps» soit peu ! Soit trop !!! Un temps fait de liberté, de travaux forcés, fait d’amour de désamour, de muses qui s’amusent qu’il abuse…Un temps pour tout, un autre pour rien, un qui courre, puis s’endort, un temps pour elle, un temps pour lui… Intemporel, un temps pourri, un temps de chien…les chiennes n’en ont pas, un temps d’arrêt  comme les chiens du même nom, car les chiennes n’en ont pas non plus… Un temps pour  douter, pour croire, un temps part ciel, celui de l’hiver blanc, de l’automne pourpre, de l’été bleu, et du printemps à la couleur de l’amour, mais toujours un temps qui n’est jamais celui que l’on a tant…Ou attend… Que l’on soit dans « l’étang » que l’on en ait «  cure », d’en avoir « marre », lui !!! Le « temps ! T’accule » aux pieds des murs de la vérité.

Ses mots pour elle, glissent sur l’écran de son ordi en une folle farandole… Il lui dit ceci :

 

« Quel bien être de me sentir près de vous,

Peut-on écrire l’amour sans aimer ?

Peut-on faire l’amour sans aimer ?

Peut-on peindre l’amour sans vous ?

Un mot de vous devient poème,

Une caresse de vous, infiniment intime

Pour une jouissance des plus sublimes,

Donne raison à nos je t’aime… »

 

Pourquoi est-elle devenue sa muse ? Il en cherche encore les  raisons du comment, un soir de vernissage, si ses souvenirs sont exacts ? Il l’a raccompagna chez elle sans avances, se séparant plutôt rapidement comme ça !!! Devant sa porte,  non sans  avoir échangé leurs numéros de téléphone….Il ou elle, a rappelé quelques jours plus tard, et depuis, cela fait trois ans qu’ils ne se quittent plus. La muse est-elle un ange ? Sans âge et sans sexe,  l’ingénue parfaite ? Ou bien est-elle démon, avec tout ce que cela comporte de dangers ? Quoiqu’il en soit, « Ange ou démon ! » La femme est avant tout amour… Pour eux il ne pouvait en être autrement.

Le temps ne cesse de s’écouler, la bouteille de se vider, le poisson de refroidir, la sonnette de ne pas retentir… Il pense et pense encore, a ces trois ans, comme c’est long, comme c’est court, que n’a-t’ il   pas fait, ou fait ! Pour lui déplaire ? Il lui avait promis du rêve à vivre au-delà des frontières du réel, pour finalement ne lui offrir que « métro, boulot, dodo. ».
Il a mal à la tête, rien de plus normal, ça cogne et ça cogne, à l’intérieur, comme des paquets de mer, venant frapper la grève d’en bas. Il se sert, non pas la main, car il s’est déjà vu ce matin, mais un verre, pour « panser ses maux », et la faire venir comme on dit…
Il retourne à son clavier :

«Chez tant, d’amants aux cheveux blancs,
Désireux de faire revivre un bonheur enfoui,
Se contrarient parfois, passion et envie,
Que seul votre sourire, fut-il bienveillant,
Ne pourra compenser, du bienfait,
Procurer à votre cœur et votre corps,
Par cet orgasme, dont je vous honore
Mais se faisant parfois trop discret… »

Le jour se lève sur la terre, comme le chantait si bien Esther Galil cette chanteuse de « blues blanche », dans des années bien lointaines pour sa mémoire… Qu’il s’en excuse auprès d’elle, car l’on pourrait croire qu’elle est « vieille », mais non ! C’est lui qui n’a plus la notion du temps (Encore lui…), il n’a pas dormi, passant une partie de la nuit, assis sur le bord du lit, à fixer ce mur blanc, où seul un nu provocateur, donne un peu de vie au cœur de la nuit. La sonnette n’a pas sonné, le téléphone s’est tu, ses yeux n’ont pas pleuré, car si les larmes proviennent du cœur ou de l’âme, il n’y pas de danger qu’il lui en vienne une seule, ceux-ci sont secs comme des raisins de Corinthe, brûlés par le soleil et les vents de tous bords, les sels de mer de tous les continents, par trop d’ironie, de dérision, d’insouciance, et d’inconscience, de fatalité, d’amour bon marché, de Marlboro et d’alcool frelaté…
Il se fait réchauffer le poisson et se sert un Chablis… Sa déception aigre-douce lui passe par-dessus. Il pense qu’elle reviendra, et que « cela devait arriver… »
Elle aime trop son côté « Léotard », non pas François, le beau, le bien propre sur lui, le gendre idéal, au parti-pris, (les parties aussi, certainement) aux allures de l’éternel jeune premier, à qui elle ne peut rien reprocher… Mais à Philipe, l’écorché vif, le déjanté, avec des yeux aux valises bien prononcées lui dévorant le visage, lui, l’acteur chanteur poète, celui qui chantait si bien la vie et la mort, ou la parlait peu importe c’est bien dit, si bien écrit, et si bien fait, de plus par cette voix rocailleuse rauque et guttural, il nous faisait apparaître des images de 36, comme au temps des documentaires, quand la France semblait aller si mal, puisque qu’ aujourd’hui elle se porte à merveille, éclairant de son soleil, chacun de nos réveils… Avec des politiques, nous faisant don de vessies, en guise de lanternes. Alors lui ! Philippe pendant ce temps « Hé oui encore et toujours ce temps» prenait le sien, afin de nous conter les nuits puis les jours, chantant à contretemps des réalités mise en évidence en contre-jour, exposant son aura envers et contre tous à la vindicte des chambres (politiques) diverses, exceptée celle à coucher… Elle aimait donc chez lui, ce côté bohème lui donnant l’air de rêver, dans l’éternel sommeil de ses envies… Tout cela à contre-courant de ses  idées propres… Elle lui disait que cela donnait une Evolution (Avec un grand « R » comme dans révolution, et non résolution…) et un sens profond à sa poésie… Oui, elle disait cela, avant !!! Quand elle était là, ou las…

Il se met alors du Léotard trop fort pour les voisins comme bien souvent, il faisait souvent cela pour se remonter le moral… Tu parles !!! En regardant l’écran en veille lui faisant des appels, il tapote :

« Pourquoi être parti ? Sans un mot d’au revoir…
Sans même avoir fait un peu de ménage,
Laissant comme témoins de votre corps peu sage
Ici, une culotte, là ! Des bas... À terre, votre peignoir,
Des photos de vous, de moi, de nous ! Nus en ébats…
Des lettres d’amour, des souvenirs offerts,
Le rouge de vos lèvres, sur bien des verres,
Et sur les murs dessinés, vos baisers au vif éclat…

Que va devenir ce nu du chevalet ? Tentation de le terminer, pour lui ! Son corps n’ayant  point de secret, il le dessinerait les yeux fermés, dans ses moindres détails, puis le peindre aux couleurs et au glabre de l’œuf, ne lui poserait aucun souci… Ou alors le laisser en son état, tel qu’il est, comme un livre ouvert non terminé… Posé là, comme ça, pour s’en aller répondre au téléphone, ou acheter des cigarettes….
Elle reviendra, pour qu’il termine cette nudité… Elle reviendra, il en est certain !!! Sinon il aurait écouté Jacques Brel, avec « ne me quitte pas »…

 

 

Fin janvier 2016… (Ne manquez pas la suite, il devrait y en avoir une…)
 

 

 

 

 

 

 

 


15/04/2016
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