SANS PRÉTENTION, ni IMPORTANCE

SANS PRÉTENTION, ni IMPORTANCE

Libre choix!!! (mon testament)


Libre choix!!! (mon testament)

  Libre choix !!! (mon testament)

Cheveux blancs, ou poivre et sel avec beaucoup plus de sel, clairs semés au gré du vent, et des ans parfois laborieusement traversés, peaux tannées, ridées, plissées aux taches brunes et excroissances de chair proéminentes, lèvres humides et baveuses aux commissures, regards aux yeux glauques, perdus dans un lointain qui se rapproche dans une atmosphère pesante, membres tremblants comme des feuilles sur l’arbre mort aux ramures desséchées… Tous ces gens réunis en bêtes de concours dans des établissements spécialisés, ou dans la solitude de leur chez-soi, seuls ou bien à deux, quelques fois dans l’indifférence de leurs proches ! Attendent et attendent encore que la vie leur apporte quelque chose, alors qu’elle n’a plus rien à leur offrir, sinon la mort… Qui tel un charognard, volant au-dessus de ses proies attend le bon moment pour venir les dépouiller…
Ces gens quand j’étais petit, je ne voulais les voir, je me cachais dans les jupes de ma mère pour ne pas les embrasser, si contraint et forcé, je devais m’exécuter, ensuite plus ou moins discrètement, je m’essuyais bouche et joues avec la rage au cœur et un profond dégoût…
Ces gens dans les dites maisons spécialisées, ne se reconnaîtraient nullement si on devait leur dire hier, ce qu’on leur fait faire aujourd’hui… Mais déjà, ils ne sont plus là !!! Comme par exemple, « Oh !!! Comme c’est bien Mme. Machin, votre dessin est vraiment joli, pour votre âge, c’est pas mal ! Venez voir mesdames comme c’est bôoooooooo !!! » Ou on les fait chanter, ou on les met sur l’ordi, ou bien encore à la couture, on fait aussi venir des jeunes enfants des écoles pour leur faire passer un bout de temps ensemble chacun faisant « semblant » d’être gentil avec l’autre… Enfin, on les occupe…. Puis il y a ceux qui ne font rien, sachant leur temps révolu, ne parlant plus enfermés dans un silence de cathédrale, avec regards méfiants derrière un faux sourire édenté… Personnellement, je ne voudrai pas devenir comme cela, mais voit-on quand notre santé psychique bascule ??? Afin de faire le nécessaire pour éviter cette triste charge à des enfants ou petits-enfants, ayant autre chose à faire, que venir pousser dans des fauteuils roulants le weekend, des grabataires aux discours ânonnés n’ayant aucun sens, dans des parcs aux fleurs diverses aux senteurs fortes et légères, donnant un semblant de bonheur champêtre à cette grande demeure de fin de vie.

Alors je suis pour le libre choix, afin que chacun puisse se prononcer de son vivant, tant que la santé morale nous le permet, sur les suites à donner concernant notre propre vie, nous appartenant à part entière… Et s’octroyer ainsi le pouvoir de partir en toute dignité sur une bonne impression de notre personne, sans que l’on nous laisse se faire emporter, par une dégradation lente et progressive du corps et de l’âme…
Que chacun est le libre choix de sa propre fin !!! Puis par solidarité pensons à la « sécu » et son trou qui ne cesse de se creuser, allégeons toutes ces charges qui pèsent sur elle, avec réellement aucun bienfait humanitaire… Soyons conscient de nos limites, et de notre utilité « de vivre »
Si demain, on me demande d’écrire un poème sur l’amour, sur la femme, et que je ne puisse sortir un texte cohérent, hé bien que l’on me pique !!! Que l’on me brûle !!! Et que mes cendres soient jetées si possible dans la Lieure, à Lyons-la – forêt… Pas loin, de là où je suis né « au bout du bas »…

Écrit par Joël Delaunay, le 23 mai 2016. Et publié le 07/06/2016 d’un endroit merveilleux, qui en aucun cas  ne pouvait me faire écrire ce texte, mais disons que c’est un concours de circonstances, je suis chez Shankar et Shanti, sur un nuage de poésie…


07/06/2016
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